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« le: 27 Novembre 2007, 10:09:18 am » |
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Dans un entretien accordé au MONDE (26/11/07), M. Pierre Beuzit, directeur de la recherche de Renault de 1998 à 2005, évoque son ouvrage intitulé « Hydrogène, l’avenir de la voiture ? », paru au mois d’octobre, dans lequel il prévoit pour 2015 le début de la production en masse d’automobiles fonctionnant à l’hydrogène. « Les premières voitures fonctionneront avec des carburants classiques, comme l’essence, le diesel ou les biocarburants, mais, à bord, un nouvel appareil, appelé réformeur, pourrait les transformer en hydrogène, lequel alimenterait une pile à combustible. La propulsion deviendrait ainsi entièrement électrique, et la consommation de carburant passerait de 6 litres aux 100 km à 3 l. Cela marquerait le véritable démarrage de la voiture électrique, dont les batteries ne garantissent aujourd’hui qu’une autonomie limitée », explique-t-il.
M. Beuzit souligne que tous les constructeurs mènent déjà des recherches dans le domaine de l’hydrogène : « BMW et Ford ont pris le parti de le brûler dans un moteur à combustion. Mercedes, General Motors, Volkswagen, Fiat, Nissan et PSA sont partisans d’un stockage de l’hydrogène pur, afin d’alimenter une pile à combustible. Renault et Toyota, eux, ont misé sur le réformeur ». Il ajoute que la solution du réformeur présentera des avantages dans un premier temps, puisqu’elle permettra d’éviter la question du stockage de l’hydrogène dans le véhicule et du développement d’un réseau de distribution dans les stations-service, lequel ne devrait pas « être réalisable avant 2020 ou 2025 ».
M. Beuzit explique en outre que, l’hydrogène offrant une source abondante de courant à bord, il alimentera de nombreux appareils. « La voiture de demain pourra être construite comme un petit salon, comprenant des fonctions de communication, d’audio et de vidéo, mais aussi un réfrigérateur et un four à micro-ondes. Il se créera ainsi une continuité entre la vie chez soi et la vie en voiture, d’autant plus évidente que celle-ci sera devenue silencieuse. L’électrification de l’automobile transformera également des fonctions comme l’accélération, le freinage et la direction assistée. Les pédales ne servant plus à rien, elles pourront disparaître. De même, le volant pourra être remplacé par un manche à balai [comme ceux utilisés dans les jeux vidéo], situé n’importe où dans l’habitacle », prévoit-il.
« En 2015, les jeunes conducteurs seront les enfants du joystick... Pour eux, [l’adaptation] ne posera pas de problème », estime M. Beuzit, précisant néanmoins qu’il « faudra sans doute attendre 2030 ou 2040 pour que soit maîtrisée la sécurisation indispensable à une conduite automatisée. Mais, d’ici là, les jalons allant dans ce sens apparaîtront. Par exemple, à partir de 2020, le système de GPS Galileo apportera une précision de positionnement de 1 mètre. Grâce à l’hydrogène, la voiture électrique annonce ainsi une véritable rupture avec tout ce que l’on a connu jusqu’alors en matière d’automobile ».
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